Notre histoire
On surcharge les soignants, adminsitratif et ouvier puis on les accuse de craquer.
On nous demande l’impossible aux agents. Et quand ça craque, on les accuse.
On accuse l’infirmière d’avoir oublié, On accuse l’aide-soignante d’avoir été trop sèche, On accuse l’ASH de ne pas aller assez vite, On accuse le brancardier, l’agent d’accueil,la lingerie,cuisine, l’équipe de nuit…
Mais on oublie toujours de dire dans quelles conditions on nous a mis.
On nous demande de faire plus avec moins :
moins de personnel, moins de temps, moins de pauses, moins de remplaçants, moins d’écoute.
Et derrière, on exige : zéro erreur, zéro retard, zéro fatigue, zéro faille.
En clair, on fabrique la surcharge…puis on punit ceux qui essaient encore de tenir,
Voilà la vérité.
Aujourd’hui, dans beaucoup de services, beaucoup d’EHPAD, le soignant n’est plus protégé par le système. 0n est, en réalité, exposé par le système.
Nous deveons le fusible le fusible.
Le fusible d’une organisation qui compte les minutes, mais jamais l’épuisement.
Le fusible d’un management qui parle de protocoles, mais oublie les effectifs.
Le fusible d’une direction qui demande de faire au mieux, alors qu’elle sait très bien que le mieux est déjà impossible.
Et après, quand il y a un oubli, une tension, une erreur, un burn-out, un arrêt, une démission…
on fait comme si c’était un problème individuel.
Pas du tout. Ce n’est pas seulement individuel :
c’est structuré, c’est organisé, c’est le résultat direct de décisions prises au-dessus.
Parce qu’on ne peut pas demander à un agent épuisé-e, pressé-e, de compenser seule des plannings absurdes, des sous-effectifs permanents et des consignes contradictoires.
On ne peut pas exiger de la bientraitance tout en retirant les moyens de bien traiter.
On ne peut pas exiger de la sécuritétout en normalisant l’épuisement.
On ne peut pas exiger de l’humanité tout en transformant chaque journée en course contre la montre.
Et le plus violent, c’est ça :
quand le soignant finit par craquer, il culpabilise. Alors que, souvent, il a tenu bien plus longtemps que le système n’aurait dû l’exiger.
Il faut le dire clairement :
ce n’est pas le soignant qui échoue, c’est un système qui l’utilise jusqu’à l’usure,
puis qui le montre du doigt.
La solution, elle commence où ?
Pas avec une affiche sur la qualité de vie au travail. Pas avec une de plus.
Pas avec une phrase creuse sur la bienveillance.
Elle commence avec :
de vrais effectifs, de vrais remplacements, du temps réel pour soigner, des responsables qui assument enfin leurs décisions.
Et surtout, l’arrêt immédiat de cette hypocrisie
qui consiste à demander l’impossible, puis à accuser ceux qui tombent.
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