Sur la période de mai, un questionnaire anonyme a été mis en place sur les conditions de travails des agents. Voici ce qui en est ressortie.
Le questionnaire met en lumière une dégradation massive et alarmante des conditions de travail des agents médicaux administratifs (AMA), traduisant un épuisement professionnel généralisé, un manque de reconnaissance, et une crise organisationnelle profonde au sein du CHU.
Charge de travail excessive et non adaptée :
- Forte hausse des tâches administratives périphériques, non reconnues ni compensées.
- Activité médicale en augmentation (jusqu'à 100 patients/jour), avec des équipes réduites (parfois 3 secrétaires au lieu de 5).
- Remplacements non assurés, congés et absences ignorés.
- Agents souvent affectés à plusieurs services sans accompagnement, fiche de poste claire ou intégration.
Épuisement physique et mental :
- Nombreux signes de burn-out : insomnies, stress chronique, troubles physiques.
- Travail sur pause déjeuner, interruptions constantes, impossibilité de déconnexion.
- Heures supplémentaires non reconnues, parfois imposées, et souvent non récupérables.
Dégradation des conditions matérielles :
- Matériel informatique obsolète ou défaillant, lenteurs, bugs réguliers.
- Postes de travail inadaptés, douleurs musculo-squelettiques fréquentes.
- Aucune assistance technique efficace.
Reconnaissance hiérarchique quasi inexistante :
- Coordination perçue comme rigide, distante, infantilisante, parfois agressive.
- Absence de remerciement, retour uniquement lors des évaluations, souvent formel.
- Management autoritaire, basé sur le contrôle et non sur la confiance ou le dialogue.
- Quelques encouragements viennent des médecins et collègues de proximité.
Organisation du travail délétère :
- Réorganisations successives sans concertation ni anticipation.
- Absence de vision, de pilotage cohérent, surcharge constante.
- Agents contraints de "faire plus avec moins", avec un impact direct sur la qualité du service rendu aux patients.
Climat social tendu :
- Tensions entre collègues, sentiment d’isolement, glissement de tâches hors cadre.
- Remplacements systématiques sans reconnaissance, sentiment d’injustice et de mépris.
- Cas de l’encadrement rapportés de comportements abusifs, pressions morales et punitions déguisées.
Sentiment d’appartenance dégradé :
- Fort attachement aux équipes de terrain, mais fracture nette avec la hiérarchie.
- Nombreux témoignages de perte de sens et de dignité professionnelle.
- Les secrétaires ne se sentent plus considérées comme actrices du soin.
Perspectives et attentes exprimées :
- Recrutement urgent de personnel soignant, médical et administratif.
- Allègement de la charge, meilleure organisation, reconnaissance du travail réel.
- Revalorisation salariale (ancienneté, diplôme), respect des horaires, droit à la pause.
- Écoute de terrain, management humain, encadrants à l’écoute.
- Reconnaissance du statut AMA via l’expérience, et non uniquement par concours.
Conclusion :
Les témoignages illustrent un profond malaise, une perte de motivation, et un épuisement généralisé. Le désengagement croissant est le fruit d’un système perçu comme inefficace, injuste et déconnecté.
Des mesures urgentes et structurelles sont nécessaires pour restaurer la confiance, préserver la santé des agents et garantir un service public de qualité.
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